Notre laine de mouton, qu’est-ce que vraiment produire en France ?
Qu'est-ce que la laine de mouton ?
La laine est une fibre naturelle qui pousse sur le dos des moutons. Elle fonctionne comme un cheveu constituée d’écailles microscopiques qui s’ouvrent et se ferment selon la température et l’humidité. C’est ce qui lui donne son pouvoir isolant et respirant exceptionnel. Elle est thermorégulatrice elle garde chaud en hiver et frais en été. Elle est naturellement antibactérienne, ne retient pas les odeurs, et est biodégradable à 100%. C’est l’une des rares matières véritablement renouvelables tant que les moutons existent, la laine pousse.
Chez nous, en Ariège, nos moutons produisent une laine robuste et belle. Ils vivent en plein air, au pied des Pyrénées. Un mouton élevé dehors, qui broute de l’herbe et marche marche sur de grands parcours, développe une toison de qualité plus épaisse, plus solide, plus saine, plus blanche. C’est directement lié à leur mode de vie.
Produire de la laine en France, de la tonte à la toison
Tout commence à la fin du printemps, au moment de la tonte. C’est une nécessité pour la santé des moutons, la toison ne cesse de pousser et doit être retirée chaque année. La toison tombe en un seul morceau. C’est ce qu’on appelle la “laine en suint” ou “laine brute”.
Ensuite vient le tri à la main, on sélectionne les fibres les plus belles. On élimine les parties souillées, les fibres trop courtes ou abîmées. C’est une étape cruciale pour la qualité finale du fil. Chez nous, c’est Olivier et Marielle qui font ce travail aidés par Pauline et Max, des amis venus prêter main forte, avec le soin qu’on donne à quelque chose qu’on aime.
Produire de la laine n'est pas transformer, quelle est la différence ?
C’est une confusion fréquente et importante. Nous, éleveurs, nous produisons la laine, nous élevons les moutons, nous organisons la tonte, nous trions la toison. Mais la transformation, laver, carder, filer, teindre, mettre en pelotes, c’est un autre métier entièrement, avec d’autres machines et d’autres savoir-faire.
En France, cette distinction est capitale. Beaucoup de gens pensent qu’une laine “produite en France” a aussi été transformée en France. Ce n’est pas toujours le cas et c’est même rarement le cas. La toison peut être tondue en France puis envoyée en Chine pour être lavée, filée et mise en pelotes. À l’inverse, une laine produite à l’étranger et filée en France pourra porter l’appellation “Produit Français”. C’est quasiment toujours ce qui se passe pour les pelotes vendues sous l’étiquette “laine française”. En réalité, sans traçabilité complète de la toison à la pelote, on ne sait pas vraiment ce qu’on tricote, ni d’où ça vient.
Chez les Bergers Cathares, nous allons au bout de la démarche, notre laine est produite sur notre ferme et transformée en France, à la filature Fonty à Rougnat en Creuse, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV). De la toison à la pelote, tout se passe en France. Nous connaissons chaque étape parce que c’est nous qui l’avons choisie.
Quelles sont les étapes de transformation de la laine ?
Entre le dos du mouton et vos aiguilles, la laine passe par plusieurs étapes précises.
Le tri de la toison, c’est la première étape, et l’une des plus importantes. Juste après la tonte, la toison est étalée à plat sur une grande table. On l’examine entièrement à la main. On retire les parties souillées, ventre, pattes, tour du cou qui contiennent trop de végétaux ou d’impuretés. On élimine aussi les fibres trop courtes, emmêlées ou abîmées. Ce travail de tri détermine en grande partie la qualité finale du fil. Une toison bien triée donne un fil homogène, régulier et beau. C’est un travail lent, minutieux, qui ne peut pas être mécanisé, il se fait à la main, avec de l’expérience et de l’attention. Chez nous, c’est Olivier et Marielle qui s’en chargent, pelote par pelote, toison par toison.
Le lavage, la laine brute contient du suint et de la lanoline, des sécrétions naturelles de la peau du mouton. Il faut la laver à l’eau chaude pour les éliminer. En France, les laveries spécialisées sont rares, il n’en reste qu’une seule unité semi-industrielle active : le Lavage du Gévaudan, à Saugues en Haute-Loire. C’est l’un des maillons les plus fragiles de la filière laine française et l’un des plus précieux. Le lavage s’effectue avec de l’eau chaude, du bicarbonate de soude et un savon biodégradable sans produits chimiques. Un savoir-faire rare, préservé par une poignée de passionnés.
Le cardage et le filage, une fois lavée, la laine part à la Filature du Parc, à Brassac dans le Tarn. Créée en 1955 et labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), c’est l’une des rares filatures cardées encore actives en France. Le cardage démêle et aligne les fibres pour créer une nappe légère et homogène. Ensuite vient le filage, les fibres sont étirées et tordues pour former un fil continu. C’est à cette étape que naît vraiment le fil que vous allez tricoter. Selon le cycle choisi, cardé ou peigné, on obtient des fils plus rustiques ou plus fins.
La teinture, la vaporisation et la mise en pelotes, ces étapes finales se déroulent à la Filature Fonty, à Rougnat en Creuse également labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV). La teinture donne au fil ses couleurs certains de nos fils, comme l’Alpage, restent dans leur couleur naturelle, sans aucune teinture. La vaporisation fixe ensuite la torsion du fil pour le stabiliser et lui donner toute sa douceur. Enfin, la mise en pelotes et le fil est prêt pour vos aiguilles.
Que devient la laine des moutons français aujourd'hui ?
C’est là que le bât blesse. La France compte plusieurs millions de moutons. Mais la très grande majorité de leur laine est aujourd’hui considérée comme un déchet. Le prix de vente d’un kilo de laine brute tourne autour de 50 à 70 centimes, pas assez pour payer le tondeur.
Résultat, des tonnes de laine française sont soit brûlées, soit enfouies, soit exportées en Chine pour être transformées à bas coût dans des conditions environnementales désastreuses. L’arrivée des fibres synthétiques dans les années 1980 a tout déréglé. Les filatures françaises ont fermé une à une. Les savoir-faire ont disparu. Aujourd’hui, il reste moins d’une dizaine de filatures actives en France.
C’est pourquoi des initiatives comme la filature Fonty à Rougnat, ou la Filature du Parc, à Brassac dans le Tarn, sont si précieuses. Elles maintiennent vivant un savoir-faire qui a failli disparaître.
Quelles sont les qualités de la laine de mouton française ?
Toutes les laines ne se ressemblent pas. La qualité dépend de la race, de l’alimentation, du mode d’élevage et du diamètre des fibres mesuré en microns. La laine Mérinos est la plus fine et la plus douce, moins de 20 microns. Les races locales françaises donnent des laines plus robustes, parfaites pour les pulls, les châles et les plaids.
Nos moutons d’Ariège produisent une laine un peu plus épaisse que la laine Mérinos, mais encore assez fine pour être douce, chaude, solide et naturellement belle. Nous en faisons nos fils Transhumance, Estive, Nature et Alpage. Chaque fil a sa personnalité.
Pourquoi choisir une laine vraiment produite et transformée en France ?
Parce que vous savez exactement ce que vous tricotez.
Parce que vous soutenez un éleveur, un tondeur, une filature, tous en France.
Parce que la laine n’a pas traversé trois continents avant d’arriver sur vos aiguilles.
Parce que c’est une matière naturelle, saine et renouvelable à l’exact opposé du polyester et des fibres synthétiques qui polluent les océans et ne se biodégradent pas.
Tricoter une laine française, c’est un acte engagé. C’est choisir un circuit court, un élevage respectueux, un savoir-faire vivant. C’est aussi choisir une matière qui dure dans le temps, un pull en laine française bien entretenu accompagne une vie entière.
Chez les Bergers Cathares, c’est le choix que nous faisons depuis plus de 40 ans. Et c’est le choix que vous faites quand vous tricotez nos fils. Découvrez toute notre gamme (nous avons aussi des chèvres Angora qui produisent du mohair) de fils à tricoter et nos kits à tricoter. Pour aller plus loin, consultez notre page sur la transformation de nos laines et notre éco-engagement.